Dingue, non, dans une ville réputée pour sa dureté quotidienne? "Pour vivre ici, il faut avoir la peau épaisse", répète tout bon New Yorkais.
Vécu aujourd'hui, dans la rue près de chez moi : Félix s'est blessé au pied et boîtait misérablement à mes côtés pour aller louer une paire de béquilles à la pharmacie. Devant notre attelage peu glorieux, une femme arrête sa poussette, nous interpelle au carrefour: "Vous avez besoin de béquilles?" Moi, un arrêt, un peu interloquée: "Ben, oui, on allait justement en chercher." "Je vous en apporte. Mon mari n'a plus besoin des siennes et je me demandais justement quoi en faire."
Et hop, une paire de béquille gratos et une nouvelle connaissance dans le quartier.
Dimanche, à la mer, nous avons eu une démonstration éclatante d'une autre forme d'entr'aide: l'élan qui a mis tout le monde sur le pied de guerre pour soigner et reconstruire après l'ouragan Sandy.
Je rappelle que les inondations ont eu lieu fin octobre.
Eh bien mi-avril, dans les Rockaways, c'est-à-dire une des zones les plus touchées de New York, il n'y a presque plus de traces de la catastrophe.
Bon, les transports publics n'ont pas encore été entièrement restauré, il manque un bout du métro. Le voyage dure donc plus de deux heures, en métro, bus, métro, bus et re-métro. Mais cela ne saurait durer.
Et surtout, des maisons neuves ont poussé comme des champignons.
| Plein de maisons et appartements à louer ou acheter. |
Et ça, à deux pas de la mer.
Aujourd'hui, un centre commercial flambant neuf - avec un "Subway" pour les sandwiches et un "Dunkin Donuts" pour les... donuts - a poussé au pied du métro, efficace cache-misère. L'avenue principale a l'air presque riante. On se croirait dans une station balnéaire, ce qui est le cas d'ailleurs. Juste qu'avant, ça ne se voyait pas.
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| Par endroit, la promenade n'a pas encore été reconstruite. Mais c'est en cours. |
| Tout n'est pas encore prêt pour la saison. |
Une habitante du secteur, à qui je demandais ce qu'il y avait, avant, en face de nous, me répond: "Rien."
C'est là:
Derrière la palissade, le terrain vague d'avant la tempête est en train de se remplir de constructions.
Je félicite l'autochtone, qui réplique: "Nous sommes très solidaires, ici, aux Rockaways, alors on a pu se relever en se serrant les coudes."
Et ça, c'est vrai, attesté par tous les reportages et compte-rendus divers. Comme ça l'a été dans toutes les zones ravagées. Ici, à cause de l'indigence du service public, et de la difficulté de s'en sortir seul, la communauté prend une importance vitale.
Et aux Rockaways, jusque là oubliées, les promoteurs immobiliers ont finalement senti le vent du large arriver.
Autre exemple de mobilisation: New York qui exprime son soutien à Boston, meurtrie par l'attentat du marathon.







