samedi 9 février 2013

La tempête "Nemo" a fait pschitt











8h, ce samedi matin. "Nemo" a fait pschitt. Il a neigé jusqu'à 1h du matin, mais le vent annoncé ne s'est pas levé. Le blizzard n'a pas montré son nez à Brooklyn et New York.
Les vols ont repris, mes parents, bloqués à Rome, vont pouvoir arriver, à l'heure prévue hier, mais ce soir.
Il y a une énorme quantité de neige, de l'or en barre pour les gamins. Ils vont tenter de trouver une luge au bazar du coin, à l'enseigne 99c. (c'est tout dire!).
Tonio, qui s'est obstiné à sortir dans Manhattan hier soir, a quand même mis quatre heures à rentrer car aucun taxi ne voulait aller à Brooklyn. Et les trains et bus marchaient au ralenti.

La luge-planche.

vendredi 8 février 2013

Il neige depuis six heures

Sans discontinuer, le manteau s'épaissit. Il est 23h16, le vent n'a pas vraiment forci.
La photo est prise dans ma rue.

Une tempête? Encore? Tous aux abris

Impression étrange de se retrouver à la veille de l'ouragan Sandy (on l'appelait encore "Frankenstorm", à l'époque). Hier, le service météo national a lancé une alerte au blizzard, tempête de neige accompagnée de vents puissants.
Comme pour Sandy, les avertissements ont commencé à sortir dans la semaine. Contestés, remis en cause, moqués. Comme pour Sandy.

Mais hier s'est confirmée la probabilité pour les New-Yorkais de se retrouver coincés entre deux événements météo convergents (une arrivée de neige des Grands Lacs conjuguée avec une masse froide venue de l'Océan). La force de Sandy, en octobre, avait aussi été amplifiée par une convergence de phénomènes.
Ravivés par ces mauvais souvenirs récents, les réflexes sont revenus sur le champ. Remplir les frigos, faire la queue pour un générateur, la file pour l'essence: dès hier. Nous, comme d'hab', on ne fait rien. On attend. Après l'école, on se restera au chaud pour la soirée qui est annoncée comme le moment le plus intense de cette tempête de neige. Et on regarde passer les passants.

Plus de 2500 vols ont été annulés. Dans l'un d'entre eux devaient arriver mes parents pour une première visite aux enfants et petits-enfants depuis juillet. Leur avion a été retenu à Rome et devrait arriver avec un jour de retard. On croise les doigts.



Devant chez nous, vers 16h30: la neige.


Devant l'école, à 14h30: la pluie.

mercredi 6 février 2013

Ma nouvelle série télé préférée

Me voilà à nouveau "hooked", comme disent les autochtones, "accro", en bon français, à... une nouvelle série télé.

"House of Cards" m'a d'abord laissée un peu dubitative, mais l'intensité de cette intrigue nouée dans les arcanes du pouvoir, entre le Congrès et la Maison Blanche, m'a chopée après deux épisodes (et il y a Kevin Spacey dedans).

J'ai commencé à regarder vendredi. J'ai presque fini la première saison.
La bande annonce: 


Opium
Bon, rien d'étonnant. Les séries télé font un tabac dans ce pays. Je crois les Américains bien plus passionnés par les déboires des héros de "Downtown Abbey", "Girls" ou "Portlandia" que par n'importe quel film au ciné. Le métro, les rues, les journaux, le moindre écran, annoncent le début d'une nouvelle saison, vantent les personnages, interviewent les auteurs. L'impression que chaque semaine arrive une nouvelle création. On a le choix de son opium.

Nuits sans sommeil
Deuxièmement, je suis une cliente facile. Je me suis déjà fait avoir plein de fois ("Six Feet Under", "Madmen", "Les Sopranos", "Dr House", "24H Chrono", et même, en des temps préhistoriques, "Friends", merci de ne pas me chambrer). Cernes aux yeux, des nuits écourtées à enchaîner les épisodes. 

Un coup de Netflix
Pas question d'attendre une semaine la livraison suivante. Ni de m'enquiller les rideaux de pub prévus par la chaîne qui diffuse. Je ne regarde une série qu'en DVD, d'ailleurs, je n'ai pas la télé.
Ce qui m'amène à présenter un bijou de la rediff', une perle de l'archive TV: Netflix, des dizaines de films (notamment de très bons français) et émissions pour 7$ par mois.
Ce service américain de vidéo à la demande n'est pas disponible en France. Il en a été question à l'automne, mais ses résultats financiers ne lui permettent pas de se lancer en Europe.


Attaquer la télé
Netflix, qui a commencé avec la location de DVD par correspondance (ils étaient envoyés et renvoyés par la Poste!), a produit "House of Cards". Les treize premiers épisodes ont été placés sur son site vendredi. La société veut concurrencer les grandes chaînes de télé, notamment HBO, grande pourvoyeuse de séries de qualité. 
C'est une première. Je ne sais pas si ça va marcher. Pour moi, si.

mardi 5 février 2013

Essai transformé pour Toto "private chef"

Quand il est sorti de chez la dame de Chelsea, il ne savait pas bien quoi en penser. Avait-elle aimé ses plats? 
Apparemment oui. En bonne Américaine, elle s'était exclamé "delicious" et "beautiful" tout au long du repas. Tout en gardant cependant une certaine retenue toute anglo-saxonne.
Alors, Tonio n'était pas sûr.

Maintenant, il sait. Oui, la dame de Chelsea - et ses assistantes - ont aimé. Elle ont repris de la soupe de butternut et sa quenelle de chèvre frais, ont adoré la purée au citron avec le cabillaud et ont fondu devant le coeur coulant de chocolat. 

Tonio a donc été rappelé. Il retourne demain dans le duplex blanc, à la cuisine immaculée, ouverte sur la salle-à-manger, où l'on quitte ses chaussures dans l'entrée (étonnant, non? Mais très courant dans les appartements, en ce moment. Tonio n'y avait pas pensé, il portait des chaussettes trouées...).
Sa nouvelle mission: faire saliver la dame avec un poulet rôti-comme-elle-a-mangé-une-fois-à-Paris. 

C'est très enthousiasmant. On essaie de ne pas s'emballer, mais on commence à trouver que le catering par Internet, c'est drôlement chouette.
Un autre client l'a contacté pour un repas de Saint-Valentin. Vive les coeurs en papier!

lundi 4 février 2013

New York Stories


New York qui grelotte n'en finit pas de se raconter.
Dans les soirées, chez des amis d'amis, à Brooklyn-la-banlieue ou à Hell's Kitchen, Manhattan, la ville alimente sa machine à histoire.

La vie en cercles
Lisa rédige des articles de communication interne pour une société qui bosse dans la santé. La quarantaine, elle a vécu à Manhattan avant Brooklyn. Elle bosse à domicile, à cause des enfants. "Il y a tant de choses à portée de main, à New York. Mais c'est une illusion." Tant de fêtes, d'événements, de célébrations… très peu vraiment accessibles. "On n'est au courant que si on fait partie de réseaux, le cercle des "modeux", celui de l'édition, celui du spectacle."
C'est d'autant plus vrai qu'ici, peut-être plus qu'ailleurs, l'info circule d'abord sur Internet. Or, tout le monde n'est pas toujours branché sur tout.

"Times Square, c'est Disneyland"
Chez David, l'autre soir, deux "New Yorkais de souche, Américains de 5e génération". Il dit: "On a connu NY dans les années 70…", elle le reprend: "Même dès les années 60", il acquiesce: "Et on a choisi de rester ici quand tout le monde partait. Mes trois frères et sœurs ont quitté la ville. Ils me prenaient pour un fou."
"Evidemment, ce n'est plus le même NY aujourd'hui. Parfois, je ne le reconnais pas. Oui, il y avait des endroits peu sûrs où il valait mieux ne pas se rendre. Times Square était plein de prostituées, mais on rencontrait des gens chaleureux, de l'humanité, on était habitués à vivre avec des personnes de toutes sortes. Aujourd'hui, Times Square, c'est Disneyland."

Brooklyn-Manhattan
Des New Yorkais qui aimaient tant NY qu'ils y ont pris racine. Moyennant quoi, ils ont acheté leur deux-pièces en face de l'université de Columbia il y a trente ans, sans se douter qu'il vaudrait quatre fois son prix, un jour.
Ils ont fait leurs études au Brooklyn College, tout près de Ditmas Park où nous habitons. Il y avait dix "Manhattaniens" dans leurs rangs, ils se sont tout de suite reconnus et ont été repérés immédiatement par les étudiants de Brooklyn: "Vous venez de Manhattan? C'est pour cela que vous parlez si bien! (that's why you're talking so nice!)"A l'époque, dans les années 70, les habitants de Brooklyn ne se rendaient guère en ville, à Manhattan. 

Métamorphoses
Ils gardent de ces années 70 à l'université le souvenir lascif de cours à la discipline élastique, du bus qui les emmenait aux plages, et des bancs sur une promenade de Flatbush. 
Elle rit à l'évocation de la transformation du Lower East Side, une des grandes métamorphoses au sud de Manhattan. Lui revient le quartier pauvre et crasseux qu'elle connut jeune fille, ce carré de la confection où elle descendait du haut de la ville choisir un tissu ou quelque dessous.

Vieux immeubles
"Lower East Side, j'y rendais visite à ma grand-mère. Cela reste pour moi l'odeur des vieux immeubles où les gens vivaient entassés et sans confort. L'odeur de chez ma grand-mère." Charles, ancêtres juifs d'Europe de l'Est, loge maintenant dans l'Upper West Side.

L'avenue qui traverse un building
A l'arrière d'un taxi jaune, soleil franc d'hiver, Tonio et moi vers Chelsea Market en quête d'ingrédients pour son repas à domicile, ce soir. Le taxi, l'action, les projets, l'élan. Park Avenue qui traverse un building à hauteur du 4e ou 5e étage avant de contourner le gratte-ciel de MetLife et de longer Grand Central, la gare, par une bretelle surélevé. Incroyable. Nous là, au quotidien. Une folie douce.

Top Model
Léo a été abordé par un type dans le métro qui cherche des mannequins. C'est la deuxième fois que ça lui arrive. J'ai lu plein d'interviews de cover-girls racontant avoir été repérées parmi les quidams dans une rue de Panam. Ça me paraissait toujours un peu facile, comme débuts. En fait, ça se peut.

dimanche 3 février 2013

Toto traiteur sur Internet

Honnêtement, on a encore un peu de mal à y croire. Tonio a fait sa première touche sur Internet (en tant que traiteur!) en moins de temps qu'il faut pour le dire.
Demain, il se rend au domicile d'une femme d'affaires de la mode new-yorkaise, dans le quartier branché-argenté de Chelsea, cuisiner un dîner pour quatre.
Il lui a proposé un menu "Saveurs bretonnes" qu'elle a accepté sur le champ. Reste à cartonner et espérer que toutes les fashionistas s'éprennent de la bouffe à Toto.

En pleine action...



Dans la cuisine-rédaction-agence de Kitchensurfing, les chefs au travail.

La solitude du cuistot de fond (de dos).

Les cuisiniers  présentent leurs plats.
L'affaire a commencé il y a une ou deux semaines, lorsque nous avons inscrit notre chef préféré sur le site Kitchensurfing. Histoire de voir, on ne savait pas trop à quoi s'attendre.
Maintenant, on sait: le site a été lancé en novembre par une équipe de jeunes qui n'en-veulent et qui savent ce qu'ils font.
Avant de pouvoir apparaître sur le site, Tonio devait faire tester sa cuisine et rencontrer l'équipe. Ça s'est passé vendredi, je l'ai accompagné. 

Cuisine ouverte
Kitchensurfing a installé ses sept salariés dans une toute rénovée rowhouse (maison en hauteur) d'un coin de Brooklyn que j'aime beaucoup, le Gowanus Canal. Le premier étage accueille l'agence, ordinateurs et têtes chevelues décontract' d'un côté, cuisine ouverte de l'autre. Quatre cuistots étaient invités à préparer deux plats, trois femmes, un homme. Quatre personnalités, quatre styles: très américain tradi pour Merryll, du Connecticut, asiatique moderne pour Sue, moyen-oriental pour Hagar et français international market pour Tonio.
Les plats ont été photographié par Max, de l'agence, les cuisiniers aussi. Les plats ont été goûtés par les salariés et quelques invités "RP" ("relations publiques").

Le Frenchy 
La purée au citron et limande-beurre blanc de Toto a fait son effet. Sa truite fumée à l'orange et buttermilk un peu moins. Mais au global, Kitchensurfing adore ce Frenchy à la "such great personnality"..
Avant de se quitter, Simran, chargée des relations avec les cuisiniers, lui conseille d'ajouter des propositions de menus à son profil et promet de le mettre en ligne dans la foulée.

Miracle
A peine rentrée chez nous, voilà-t'y pas que l'agence nous signale la première cliente de Toto! Un miracle, presque de la magie vu que son profil n'apparaît pas encore sur la version publique du site. Mais nous, on croit aux miracles, hein, quand ils nous trouvent des "gigs" ("plans").
Suite au prochain épisode...